Soupe, panais et marrons chauds

Cette semaine, alors que la Lorraine connait un petit redoux des températures, j’ai pu effectuer une petite récolte du jardin, à savoir de magnifiques panais. Pourtant quand j’ai commencé à cultiver ce légume ancien, il y a environ 4 ans, ce n’était pas gagné !


La première année les racines de mes panais étaient fourchues, la faute à un terrain très caillouteux, toutes petites et infestées de petits vers: Une grosse déception ! Mais peu à peu j’ai changé ma façon d’appréhender le potager. Il faut dire que professionnellement je viens du secteur de la production de plantes annuelles et l’on m’a surtout appris à cultiver en serre des fleurs dans de tous petits godets remplis de terreaux, donc faire avec de la « vraie terre », en plein air ce n’était pas ma tasse de thé.

Mais comme dit l’expression, « je ne suis « panais » de la dernière pluie ! » J’ai donc soigné la préparation  du sol de ma culture de panais en enlevant un maximum de « cailloux », ajouté de la matière organique pour obtenir ce que les professionnels appellent une structure grumeleuse du sol permettant de stabiliser l’argile. En effet, si votre sol est trop lourd ou « amoureux », c’est à dire collant aux pieds du jardinier et à ses outils, l’ajout de matière organique (compost, terreau de feuille ou fumier) permet de d’améliorer le sol en favorisant ce que l’on appelle le complexe argilo-humique. Pour faire simple, la matière organique brute du sol (non-décomposée) se transforme en humus (particules organiques très fines) que se lie à l’argile pour former un assemblage très stable et résistant aux intempéries hivernales et au dessèchement l’été.  C’est un peu comme jouer aux Légos, sauf qu’un sol c’est vivant et donc cela évolue.

Une fois les soucis de sol résolus, j’ai effectué une association de plantes, panais/fenouil, pour résoudre le problème des petits vers. Bref tous cela cela a pris 3 ans d’essais et de tâtonnements pour obtenir de beaux panais sains et de taille respectable.

Alors méfiez-vous des conseils de certains, parfois des blogueurs pétris de bonnes intentions, qui vous vendent des méthodes personnelles, rapides et clés en main pour obtenir des récoltes abondantes en améliorant votre sol. Le fonctionnement du sol ne s’apprend pas dans les livres et nécessite d’être formé. Il ne suffit pas d’être un « amateur qui parle aux amateurs », comme j’ai pu le lire récemment. On ne s’improvise pas technicien parce que l’on se considère comme un bon jardinier. D’ailleurs les professionnels avec qui j’échange parfois s’agacent de ce type de démarche.

Bon, en attendant mes panais vont vite être transformés en soupe, avec quelques éclats de châtaignes  et un peu de crème en surface (miam, miam !) ou pourquoi pas en purée avec quelques pommes de terre du jardin.

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